La conclusion locale provisoire

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La Conclusion Locale Provisoire,

outil fondamental de 1, 2, 3, sciences

 

De quoi s’agit-il ?

La Conclusion Locale Provisoire ou CLP, est la généralisation à laquelle parvient un groupe de personnes, enfants ou adultes, après un débat à partir d’observations et d’expériences faites en commun, un jour donné. Ce savoir scientifique, aussi petit soit-il, est l’aboutissement de la démarche que l’on a faite et lui donne son sens.

Il ne peut y avoir de démarche scientifique sans CLP.
Chaque Conclusion Locale Provisoire est à la fois
la finalisation d’une recherche, d’une réflexion
et un tremplin vers de nouvelles découvertes.
Elle participe à la construction du Savoir.

Le groupe en décide les termes : la CLP doit être comprise par tous ceux qui y ont participé ; elle doit refléter la pensée de chacun, qui doit en retour pouvoir l’assumer. Les participants discutent, argumentent pour que tous les aspects observés au cours de l’expérience soient bien pris en compte, que le résultat ne soit pas biaisé ; la parole de chacun est prise en compte, mais aussi confrontée à la réalité.

C’est une puissante école de réflexion, d’écoute, d’argumentation.

Après avoir fait ensemble les expériences, après avoir réfléchi en son for intérieur, et en écoutant ce qui se dit, on ne peut s’empêcher de participer activement à cette élaboration. Car alors on n’essaye plus de trouver la “bonne” réponse, de deviner celle que le Maître (ou l’animateur) attend, mais de généraliser de manière pertinente ce qu’on a tous observé. Il s’agit de décrire, de parler, de tirer des conséquences de ce vécu commun.

Remarque importante

La description de la CLP montre bien qu’elle est plus facile à élaborer dans une activité de groupe. Néanmoins, il ne faut pas s’en priver même si on a expérimenté seul. En effet, la généralisation de nos constats est très utile à l’appropriation des connaissances. Par contre la prudence vis-à-vis des généralisations hâtives reste de mise.

 

En quoi est-ce scientifique ?

Pour nous adapter au mieux au monde qui nous entoure, prévoir les conséquences possibles d’une situation peut s’avérer utile, et parfois aussi vital. L’objectif de la science est de nous donner les moyens pour cela.

C’est ce que nous, petits ou grands, faisons à l’aide de démarches scientifiques, plus ou moins spontanées, quand nous utilisons nos observations quotidiennes et celles des autres, pour imaginer la “suite possible des évènements”.

Et alors, qu’est-ce qui caractérise une démarche scientifique ?
Le thème, le sujet du travail ? La rigueur, la précision ? Le vocabulaire employé ? Le matériel utilisé pour les expériences ou le fait de faire des mesures ? La formulation d’hypothèses, ou l’acquisition de connaissances ? Aucune de ces propositions, seule ou associée à d’autres, ne permet de définir une démarche scientifique !

Il faudrait pouvoir dire ce que l’on en attend, pourquoi on l’a faite, à quoi elle va servir.

A quoi les sciences nous servent-elles en tant qu’humains ?
La démarche scientifique conduit à une généralisation de l’expérience. On peut alors considérer cette Conclusion Locale Provisoire comme la version au quotidien, par le “commun des mortels”, du travail des scientifiques dans leurs laboratoires quand ils essaient de construire des modèles, des lois scientifiques qui généralisent leurs constats. L’histoire a montré comment ces conclusions étaient souvent complétées, modifiées voir démenties… car elles étaient provisoires et locales, de vraies CLP.

L’élaboration d’une généralisation réutilisable, “loi” scientifique ou CLP plus modeste, signe la démarche de la science !

Mais comment faire pour savoir si notre CLP est “juste” ?

Viser l’élaboration d’une Conclusion Locale Provisoire permet de construire un savoir que l’on comprend et de développer notre autonomie par rapport à lui.

“On ne peut tout de même pas apprendre des choses fausses aux enfants !“ Bien sûr, il n’est pas question de valider “n’importe quoi”.

Aussi le rôle du Maître (ou du groupe), est-il de développer l’esprit critique dans un rapport constant avec ce qui a été constaté : “Est-ce bien ce que vous avez vu ? Êtes-vous tous d’accord ? Si tu n’es pas d’accord, quel argument peux-tu avancer ?”. Et là on s’aperçoit que ce ne sont pas toujours les minorités qui doivent “plier” devant la loi du plus grand nombre.

“Est-ce toujours ce qu’on observe ? Comment pourrait-on préciser ce que nous avons fait ?” En effet, les écarts entre la conclusion à laquelle le groupe parvient et le savoir des livres et autres expertises, tiennent souvent aux conditions expérimentales, d’où l’intérêt de les préciser explicitement dans la CLP.

On peut observer que rapidement les membres du groupe, ou les élèves, critiquent leurs CLP de façon pertinente, constructive et que l’énoncé de la généralisation à laquelle ils aboutissent, s’il reflète une situation “locale” explicitée, n’en est pas moins cohérent et valable. Après tout, un groupe d’individus, même très jeunes, ne valide pas des affirmations contraires à ce qui a été constaté !

Et puis cette conclusion locale est aussi provisoire : elle a vocation à évoluer, elle va s’affiner, se préciser peu à peu, parfois sur des années, grâce d’une part aux nouvelles expériences vécues, d’autre part, aux compétences et aux savoirs acquis. 

Pour savoir comment mettre en pratique la Conclusion Locale Provisoire,
suivez ce lien : “La Conclusion Locale Provisoire, comment fait-on ?

 

 

 

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